Biographie & approche artistique
Né à Bruxelles le 24 août 1976, BrieucC s’inscrit d’emblée dans une filiation où l’art ne relève pas d’un choix mais d’une évidence. Très tôt, il développe une pratique du dessin et de la peinture nourrie par une attention aiguë aux équilibres, aux tensions internes des formes, des volumes et des couleurs. Cette sensibilité, presque instinctive, constitue le socle de son langage plastique.
Mais c’est la lumière — constante, obsédante — qui agit comme véritable déclencheur. Longtemps pressentie, elle devient en 2014 un médium à part entière avec « La porte », première œuvre intégrant la lumière artificielle. Pièce fondatrice, hautement symbolique, elle marque une rupture décisive et inaugure une nouvelle orientation dans sa recherche.
Dès lors, le travail de BrieucC se concentre sur la perception et le mouvement, envisagés comme des phénomènes indissociables. Refusant toute dispersion, il élabore une écriture radicale, immédiatement identifiable, qu’il nomme « art angulaire ». Dans une économie de moyens assumée, il compose exclusivement à partir de lignes droites, découpées dans le bois avec une précision presque architecturale. Cette rigueur formelle engendre pourtant une dynamique inattendue : le mouvement n’est pas contenu dans l’objet, mais activé par le regard.
Car l’œuvre, ici, ne se livre jamais d’un seul point de vue. Elle se déploie dans le déplacement du spectateur. À mesure que celui-ci se meut, les plans s’ouvrent, les contrastes apparaissent, la lumière circule et recompose l’espace. L’expérience physique devient alors indissociable de la compréhension de l’œuvre : voir implique d’agir.
Si l’inscription dans une filiation cinétique est manifeste, BrieucC s’en distingue par une approche exigeante de la perception. Le mouvement n’est ni simulé ni décoratif ; il constitue la condition même de l’apparition. Les œuvres, qu’il qualifie de « vivantes », n’existent pleinement que dans cette interaction. Elles instaurent une relation directe, presque silencieuse, où le spectateur devient partie prenante du processus.
Au-delà de leur apparente épure, ces pièces interrogent la relativité du regard. Rien n’est jamais perçu autrement que depuis une position donnée, partielle, instable. En invitant à multiplier les points de vue, à déplacer le corps pour élargir la vision, BrieucC propose une expérience qui dépasse le seul champ esthétique.
« Seuls le mouvement et notre capacité à nous ouvrir à d’autres champs de vision nous permettent une compréhension plus complète de la réalité. »
Cette pensée traverse une œuvre d’une grande cohérence, dont la singularité formelle et conceptuelle impose aujourd’hui une signature immédiatement reconnaissable.